août 10, 2020
industrie musique

L’industrie de la musique est entrée dans le premier trimestre 2020 sur un ton de forte croissance

Sauf surprise majeure, 2019 aura été la cinquième année consécutive de croissance pour l’industrie mondiale de la musique. Au cours de ces cinq années, ses revenus annuels sont passés de 14,2 milliards de dollars à 19,1 milliards de dollars, ce qui ramène cette industrie presque à son niveau de 2004.

 

Les indications sont bonnes, des chiffres publiés l’année dernière par les grands labels montrent une croissance de 16 %, en passant par les recettes record des sociétés de gestion collective et la croissance constante du nombre d’abonnés des grands services mondiaux de streaming.

 

Des prévisions plutôt encourageantes et confortables

Nous sommes encore loin des revenus que l’industrie enregistrait au plus fort de l’ère pré-Napster, mais Goldman Sachs prévoit que le streaming à lui seul représentera 37,2 milliards de dollars par an pour l’industrie d’ici 2030, tandis que Midia Research estime que les dépenses des consommateurs pour le streaming (par opposition aux revenus commerciaux) pourraient atteindre 45,3 milliards de dollars d’ici 2026.

 

L’une des tendances les plus positives de 2019 a été les chiffres provenant des marchés qui ont été lents à bénéficier de la hausse du streaming ou qui ont connu des soubresauts en cours de route. Depuis, on assiste à un fort développement de ces types de marchés auparavant en retard.

 

La France, par exemple, n’a connu qu’une croissance de 1,8 % de son marché enregistré en 2018, puis une croissance de 12,7 % au premier semestre 2019, et actuellement une croissance de 5,4 % pour ce début 2020. En Allemagne, les recettes ont légèrement diminué en 2018, mais ont augmenté de 7,9 % au premier semestre 2019. L’Espagne, quant à elle, a connu une croissance de 5,9 % en 2018, suivie d’un pic de 27 % au cours du premier semestre 2019.

 

Un appel d’air en Amérique latine et en Asie

Nous commençons également à voir un réel élan dans des territoires comme l’Amérique latine, la Chine, l’Inde et l’Asie du Sud-Est, ainsi que des débuts positifs en Afrique. Sans vouloir exagérer les applaudissements, c’est le fruit d’un travail acharné des titulaires de droits et des prestataires de services de paiement au cours de la dernière décennie.

 

C’est aussi, comme les gens l’ont fait remarquer, un moment où il ne faut pas se reposer sur ses lauriers. Avec l’argent qui afflue dans l’industrie, c’est le moment d’investir avec audace dans les artistes et les technologies, d’expérimenter et non de faire preuve de prudence.

 

Un autre problème est la tension et la suspicion qui peuvent encore influencer la perception qu’a le secteur des motivations des services de diffusion de musique en continu. La campagne de podcasting de Spotify n’est-elle qu’un moyen de faire baisser les droits d’auteur sur la musique ? La musique sera-t-elle perdante dans les bouquets multimédia ? Les fournisseurs de services numériques devraient-ils faire davantage pour inverser la baisse du revenu moyen par utilisateur (ARPU) et restreindre les forfaits familiaux ?

 

Il y a là de réelles préoccupations qu’il faut prendre au sérieux, mais elles peuvent parfois donner l’impression de venir d’une position de méfiance. Reste donc à savoir quelle position exacte adopter afin de profiter encore plus de cet élan économique positif.

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