Kill'Em All
Master Of Puppets



Master of Puppets (1986)

Produit par : Flemming Rasmussen et Metallica
Enregistré à : Sweet Silence Studios, Copenhagen, Sept.-Déc. 85
Mixé par : Michael Wagener at Amigo Studios, North Hollywood, CA
Master : George Marino at Sterling Sound
Arrangements : Hetfield & Ulrich
Concept pochette : Metallica & Peter Mensch
Illustration pochette : Don Brautigam
Photos : Ross Halfin, Rich Likong, Rob Ellis
Date de sortie : 21 février 1986
Durée : 54 minutes

Chansons :
Battery ( Hetfield / Ulrich ) 5:10
Master of Puppets ( Hetfield / Ulrich / Burton / Hammett ) 8:38
The Thing That Should Not Be ( Hetfield / Ulrich / Hammett ) 6:32
Welcome Home (Sanitarium) ( Hetfield / Ulrich / Hammett ) 6:28
Disposable Heroes ( Hetfield / Ulrich / Hammett ) 8:14
Leper Messiah ( Hetfield / Ulrich ) 5:38
Orion ( Hetfield / Ulrich / Burton ) 8:12
Damage, Inc. ( Hetfield / Ulrich / Burton / Hammett ) 5:08

Groupe :
James Hetfield : Chant / Guitare
Lars Ulrich : Batterie
Kirk Hammett : Guitare
Cliff Burton : Basse

Parfois, le 3ème album demeure un passage difficile dans la carrière d'un groupe. Après l'effet de surprise du premier album et une sorte de confirmation par le deuxième, on attend beaucoup de la suite pour savoir ce qui peut être proposé, afin de connaître l'évolution ou simplement la confirmation d'un style. Sur Master, il y a un peu de tout cela. On y retrouve la puissance et la rage de Kill 'Em All, la variété et la recherche musicale de Ride The Lightning. Cependant, loin de nous l'idée d'affirmer que Master n'est qu'un résumé des deux albums précédents. Il a vraiment son entité propre, cet album a du caractère et se suffit à lui-même. C'est une pierre angulaire du

Heavy Metal, tout simplement.

Metallica reste fidèle aux studios Sweet Silence de Copenhague mais se fait épauler cette fois par Flemming Rasmussen pour la production et par Michael Wagener pour le mixage. Elle est assez sèche et travaillée pour l'époque et il est bien évident que le son a mieux vieilli que celui de Kill 'Em All. La batterie est mise en avant. Le chant de James est bien meilleur et reste toujours aussi agressif. Les guitares sont parfois puissantes et lourdes, parfois claires et limpides.

L'introduction de « Battery », et donc de l'album, est faite de nappes de guitares acoustiques, à l'image de celle de « Fight Fire With Fire » sur Ride The Lightning, le calme avant la tempête, sublime. Ensuite, le morceau est d'une violence phénoménale, comme l'indique son titre, avec un riff principal très rapide et saccadé.

« Master Of Puppets », le morceau, est tout simplement ce que l'on appelle un bijou: un riff surpuissant, un refrain qui reste dans les mémoires, un pont et une montée en puissance magnifiques, des solos mélodiques et touchants. Une référence.

« Thingy » étonne par sa lourdeur écrasante, le passage principal de guitare alternant avec le chant de James comme si celui-ci faisait monter la pression.

Inspiré par le film très poignant, Vol au-dessus d'un nid de coucou, « Welcome Home (Sanitarium) » est également un must en la matière. Certains diront que c'est la ballade de l'album. Ce serait très réducteur de la résumer à cela. Bien sûr, les harmoniques et le son clair du début pourraient laisser penser à une chanson douce mais le morceau monte en puissance pendant le pré-refrain et le refrain pour ensuite exploser en quelque sorte sur la fin à l'instar d'un « Fade To Black ».

Pendant les 8 minutes et 14 secondes que dure « Disposable Heroes », c'est littéralement la guerre. Cela tombe bien puisque les paroles parlent de cette chaire fraîche disponible constituant les jeunes soldats envoyés et massacrés au front lors de conflits. Cela étant, les couplets et le refrain restent toujours posés et mélodiques au niveau du chant.

« Leper Messiah » comporte un peu deux facettes: d'un côté la musique est saccadée et puissante, d'un autre côté le riff principal est assez « marrant » et entraînant. C'est un morceau qui n'a finalement pas souvent été joué en concert et je

trouve qu'on le sous-estime souvent.

Vient ensuite le morceau instrumental long et travaillé de l'opus: « Orion ». Les effets sonores sont très recherchés dans ce morceau et le passage central débutant à la basse, la guitare de Kirk prenant ensuite le relais, demeure un passage essentiel de tous les morceaux instrumentaux de Metallica: la beauté et la grâce incarnées.

L'album s'achève un peu comme il a commencé, par une introduction très mélancolique, enchaînant sur un déluge de guitares qui s'en vont à l'assaut d'une société se détruisant de l'intérieur: « Damage, Inc. ».

Les sujets abordés sont assez divers mais finalement pas si neutres que cela pour un groupe qui s'est toujours défendu de ne pas être si engagé que cela. On peut y déceler les thèmes de la violence personnelle et celle de la société (« Battery » et

« Damage, Inc. »), des ravages de la drogue (« Master Of Puppets ») et de la guerre (« Disposable Heroes »), du traitement de la folie (« Welcome Home (Sanitarium) ») et des excès de la religion (« Leper Messiah »). La pochette évoque d'ailleurs un peu tout ceci, la mort, la manipulation, la guerre...

8 titres seulement, très longs certes, figurent sur cet album, mais quels morceaux ! Master Of Puppets est considéré comme une référence, sinon LA référence, par les fans du groupe, les critiques musicaux, enfin pour ceux pas trop fermés à l'idée d'écouter du Heavy Metal, et même par une horde de musiciens qui s'en sont nettement inspirés. Il est tout simplement indispensable à tout amateur de rock qui se respecte. Cet album est également unique car c'est bien évidement le dernier enregistré avec Cliff. Sa touche est encore très présente pour ce qui est du sens de la mélodie, des recherches sonores et des structures de composition. Un album de maîtres.